6 février, 2008...11:37
Obama can… mieux faire
Il en a fallu de la conviction lundi soir au Seaport World Trade Center de Boston pour attendre 4 heures dans le froid, les pieds geles, mal au dos, afin d’entendre Obama nous dire, a la veille du Super Tuesday, que le changement est possible et qu’il faut y croire.
Je suis arrivee a 18h sur place, soit 2 heures avant l’ouverture officielle des portes, pour assister au meeting de Barack Obama accompagne des Senateurs Kennedy et Kerry, de Caroline Kennedy, et du Gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick. Il y avait deja plus de 1 000 personnes attendant, la file n’a fait que grossir au fil des heures. Nous n’avons pu entrer dans la salle qu’a 22h, et encore… derriere des barrieres, loin de la scene parce qu’ils avaient arrete les controles de securite qui prenaient trop de temps… La salle etait plus faite pour des forums ou des salons que pour un meeting politique. Bref organisation totalement a revoir, ce qui n’est pas pour donner une bonne image d’Obama. Pour autant, les Americains autour de nous ne semblaient pas se plaindre plus que ca. Ca doit etre vraiment francais le concept de la protestation…
Le meeting a finalement commence a 22h30 par l’intervention d’une jeune Asian-Americaine maire d’une petite ville du Massachusetts. Le but: montrer que la jeunesse et l’origine n’etait pas un frein, que l’experience ne se mesurait pas en annees, et que “yes, we can” (oui, nous pouvons).
Puis, ce fut au tour du Gouverneur Patrick de parler, plus de trois mois apres avoir annonce son soutien au Senateur de l’Illinois. Il avait alors fait un assez bon discours a Boston Common a l’occasion du rally du candidat dans la capitale de la Nouvelle Angleterre.
Obama avait ete meilleur cette fois-ci d’ailleurs que lundi soir. Il a pris la parole vers 23h apres les interventions successives de John Kerry ancien candidat malheureux de la Presidentielle 2004, et de Ted Kennedy, le frere de JFK dont Obama est percu comme son digne heritier.
La meme jeunesse, la meme fougue, le meme don d’apporter l’espoir d’un changement, d’une nouvelle frontiere. JFK, l’Irlandais catholique, Obama le métis converti au christianisme tardivement et dont le pere etait musulman, ou la preuve que l’on peut reussir sans etre WASP. Souhaitons a Obama qu’il ne connaisse pas le meme destin tragique que l’ancien President.
Discours classique ce lundi soir a Boston. Obama a critique l’administration Bush, sa rivale qui connait le systeme de Washington. Il a mis en avant son experience a Chicago, son bilan en tant que Senateur et ses reussites depuis le debut des primaires. Il a egalement parler de son programme, du systeme de sante a la politique etrangere en passant par l’education. Surtout, il a insiste sur le moment historique qui s’offrait aux Etats-Unis, le moment de changer. Changement et espoir sont les deux mots cles de ses slogans. Clinton et Obama sont tous deux democrates et partagent fondamentalement les memes idees sur la politique sociale, l’economie ou les relations etrangeres. Mais Obama offre du sang neuf tandis que Clinton reste la femme de Bill, un cote dynastie (Bush pere, Clinton, Bush fils, femme de Clinton) qui deplait a beaucoup. Obama seduit les jeunes, il offre du reve, il a l’audacite de ses 46 ans, l’audacite de l’Afro-Americain qui a reussi.
Cependant, Hillary Clinton a aussi de quoi attirer les Americains comme l’ont prouve les resultats du Super Tuesday. Bien que les resultats entre les deux Democrates soient assez proches, l’ex First Lady mène la course. Elle rassure par son experience, elle plait aux femmes, aux plus ages et aux latinos. Ce qui fait craindre dans la presse americaine la division de l’electorat americain, tant Obama et Clinton ont deux publics differents et sont difficiles a partager, phenomene qui ne s’observe pas du cote des Republicains. Il faudra donc attendre les prochaines primaires pour connaitre avec assurance le nom du candidat Democrate, et probablement futur President des Etats-Unis (encore que les Americains seraient capables d’elire a nouveau un Republicain…).
PS: Desolee, pas d’elements precis de son discours mais il faut dire qu’apres une longue journee et 4 heures d’attente, j’ai passe le meeting assise parterre et a moitie endormie… Si je retrouve mes notes sur son discours d’Octobre a Boston j’en reparlerai.
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