Alors que la violence a envahit les rues de Lhassa il y a presque deux semaines, le Dalai Lama appelle les Tibetains a la non-violence pour resoudre le conflit pacifiquement. Voici deux articles interessants pour eclairer ce sujet.
Le premier article, My Vision of a Compassionate Future, a ete ecrit par le Daila Lama suite aux evenements en Birmanie, et publie dans le Washington Post du 21 octobre 2007. Le chef spirituel du Tibet y fait l’eloge de la non-violence en evoquant Gandhi et Martin Luther King. Il rappelle que la violence et l’usage de la force ne pourront jamais “reprimer le desir humain de liberte.” Selon lui, le concept de non-violence n’est encore qu’a l’etat d’experience (expérimentation), mais si celle-ci réussit, alors cette methode peut ouvrir la voie a un monde bien plus pacifique. Il parle ensuite du role de la religion, et de l’importance de ne pas considerer sa religion comme unique verite pour eviter de tomber dans le fondamentalisme. “Beaucoup de religions, beaucoup de verites.”
“Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons faire de la reconnaissance fondamentale de l’unite basique de l’humanite, la fondation de notre perspective du monde et de ses defis,” ecrit-il. Ses defis sont le rechauffement climatique, le fosse de plus en plus profond entre les riches et les pauvres, la menace terroriste internationale, et les conflits regionaux.
Il appelle alors a eduquer d’une meilleure facon nos enfants, a les aimer et a leur apprendre l’amour. Il defend egalement un role plus important des femmes dans nos societes, car elles sont porteuses d’amour et de compassion.
Malgre l’etat du monde, le Dalai Lama dit etre optimiste quant a l’avenir. Si le XXeme siecle fut un siecle de massacres, il croit que le XXI eme peut devenir un siecle de dialogue et de compassion. Cependant les beaux discours ne suffiront pas, il faut des actions concretes. Les changements collectives viendront d’initiatives individuelles conclut-il.
Le second article, He May Be a God, but He’s No Politician, est un op-ed de Patrick French publie dans le NYT du 22 mars. Il reproche ici au Dalai Lama de n’avoir rien fait de concret depuis qu’il s’est retire en Inde il y a bientot 50 ans. Il reproche egalement le comportement de certains pays, ici les Etats-Unis, qui rencontrent le Dalai Lama et critiquent la Chine par rapport au Tibet pour se donner bonne figure, sans realiser qu’au lieu d’ameliorer la situation pour les Tibetains, cela ne fait que l’empirer. En effet, selon lui, a chaque apparition du Dalai Lama ou critique contre le regime, Pekin repond par plus de violence.
Il reclame donc un changement de strategie, car si le Dalai Lama est peut etre Dieu, il n’est pas un politicien. Il faut plutot tenter de negocier de maniere realistique avec la Chine, car celle-ci n’etant pas une democratie, ce ne sont pas des revoltes, aussitot reprimees dans le sang, qui la feront changer d’avis. “China is not a democracy, and it will not budge.”
Peut etre serait-il bon que les pays les plus influents se concertent enfin pour sanctionner la Chine. Car si celle-ci est devenue une economie de premier plan, elle a encore besoin des Etats-Unis, de l’UE, et du Japon. Les Jeux Olympiques sont l’occasion revee pour mettre en lumiere le regime dictatoriale de Pekin. Le boycott? La question est delicate, et il est peu probable que les Etats europeens, comme l’evoquait Kouchner, s’accorde sur un boycott general, sans parler de la position des joueurs.
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