21 avril, 2008...8:27
Run Baby, Run
Boston, Etats-Unis - Les muscles saillants, la sueur coulant sur la peau, et le visage déformé par la douleur, ils étaient plus de 25 000 hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, en fauteuil roulant ou sur leurs deux jambes à courir avec une détermination sans faille les 42 kms du Marathon de Boston, lundi 21 avril. Heureusement, la pluie de l’an dernier avait laissé place à un soleil radieux.
Le 112eme marathon de Boston, le plus vieux marathon annuel au monde, a commencé à Hopkinton, MA, à 9h25 pour les athlètes en fauteuils roulants, à 9h35 pour les femmes, et à 10h pour les hommes.
Le Kenyan Robert Kipkoech Cheruiyot a remporte le marathon pour la quatrième, et troisième fois consécutive, en 2 heures 7 min. et 45 sec. manquant à 31 secondes près le record qu’il avait établi en 2006.
Du coté des dames, Dire Tune, athlète éthiopienne, est arrivée première en 2h. 25 min. et 25 sec. devançant de deux secondes, plus petit temps de différence dans l’histoire du marathon, la Russe Alevtina Biktimirova..
Kipkoech Cheruiyot et Tune ont chacun remporté 150, 000 $US. C’est en 1986 que la Boston Athletic Association décida d’introduire une récompense financière, jusqu’à alors, les vainqueurs se contentaient d’une couronne de lauriers.
Il était impressionnant de voir les participants à fauteuil roulant pousser à la force de leur bras. Chez les hommes, c’est le Sud-Africain, Ernst F. Van Dyk, qui a remporte la première place de son dernier marathon. Il a parcouru les 42 kms de Hopkinton au centre de Boston en 1h 26 min. et 49. sec. Wakako Tsuchida, du Japon, est arrivée 22 minutes plus tard en tête chez les dames.
Mais dans une épreuve telle que le Marathon, il n’y a de toutes façons que des vainqueurs. Il n’y a que des hommes et des femmes qui se surpassent et qui décident de finir la course a tout prix, alors même que les spectateurs sont rentres chez eux et que la Police a retire les barrières. L’adage « l’essentiel est de participer » trouve tout son sens dans ce sport qui demande un entrainement quotidien pendant des mois et une forte motivation. Pour beaucoup, l’objectif n’est pas tant d’être le premier à passer la ligne d’arrivée, que de se prouver à eux-mêmes qu’ils ont réussi.
« C’est un challenge personnel, vous vous dites que vous devez finir même si ca fait très mal. Et alors quand vous passez la ligne d’arrivée vous êtes heureux, » raconte Steven Bedsole, qui a couru pendant plusieurs années le Marathon de Boston, mais aussi en Europe.
Aujourd’hui, Bedsole ne court plus mais participe toujours à cet événement majeur en tant qu’employé de l’entreprise Granite State Race Services, basée dans le New Hampshire, qui est en charge de mesurer le temps de course des participants.
« Les coureurs ont une sorte de puce dans leurs chaussures, et tous les 5 kms il y a une borne qui enregistre leur passage, puis les données sont envoyées aux organisateurs à l’arrivée par un réseau sans fil, » explique-t-il.
Ca fait onze ans que ce système de mesure a été instauré, permettant de calculer avec précision le temps des différents coureurs, et ainsi d’éviter les fraudes. Il est 16h et Bedsole range son matériel, il reçoit un coup de fil des organisateurs : « 22 123 personnes ont dépassé les 35 kms, » dit-il. Sans compter ceux qui sont toujours en train de courir alors que le système a été désactivé.
Habitant une rue parallèle à la Commonwealth Ave., avenue principale de Boston, j’étais aux premières loges pour assister à ce fabuleux moment humain et sportif. Le Marathon de Boston est un véritable jour de fête. Sur le bord de la route, les spectateurs, venus en famille ou entre amis, criaient et brandissaient des pancartes pour encourager les coureurs. Quelques uns d’entre eux se sont déguisés en Minnie, en fée, ou encore en prêtre, costume peu pratique pour courir.
Certaines personnes cherchaient des yeux le cycliste Lance Armstrong qui avait délaissé son vélo pour une course difficile qu’il a fini en 2 heures 50 min. et 58 sec., arrivant 496eme. Malgré son habitude de rouler en montagne, il a confié au Boston Globe que courir les collines d’Heartbreak (cœur brisé) Hill était une autre affaire, et que celles-ci portaient bien leur nom.
Boston, capitale américaine du sport cette saison, accueillait hier, dimanche 20, « les qualifications nationales pour l’épreuve du marathon aux Jeux Olympiques de Pékin » rapporte Bedsole qui était aussi responsable de mesurer le temps de course des compétiteurs.



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