27 avril, 2008...10:18

Nouvelle epistemologie du journalisme et economie pour les journaux

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Mercredi dernier, je rencontrais ma professeur de journalisme du semestre dernier, Bella English, diplomee de la School of Journalism of Columbia University (NYC) et reporter depuis 20 ans au Boston Globe.

Inevitablement, nous en venons a parler de l’etat actuel de la presse et de l’avenir du journalisme avec l’avenement du web. Comme me dit Ulrich, “le web ce n’est pas l’avenir du journalisme, c’est le present,” on est en plein dedans, et les acteurs de la presse se sentent un peu depasses. Le journalisme est en pleine transformation et on ne sait pas trop vers ou on va… Le web apporte beaucoup au journalisme, mais il faut garder de la distance encore, etre critique, ne pas tout prendre du web. Je crois que si l’outil Internet offre de grandes possibilites pour le journalisme, il faut se mefier de tout ce “journalisme citoyen”, des blogs, et de ce qu’on trouve sur le web. L’information doit toujours etre verifiee, on a toujours besoin des journalistes.

Avec tout ce buzz internet, la situation de la presse ne va pas en s’ameliorant. Bella English me disait qu’au Boston Globe, comme au NYT, ils ne savent plus quoi faire. La pub ne rapporte plus, les annonceurs vont ailleurs, les gens veulent de l’info instantanee et gratuite. Alors les journaux doivent peut etre se tourner vers une presse plus d’analyses que de faits, s’intellectualiser, mais on trouve aussi de bonnes analyses sur le web. La situation est difficile. Il faut faire des economies.

Le NYT a supprime des pages International, ce qui signifie moins de reportages donc moins d’argent depenser. Parce qu’envoyer un reporter a l’autre bout du monde pour un article coute beaucoup d’argent.

Mais si on pensait le journalisme autrement, au moins pour ce qui concerne le reportage a l’etranger. On en revient au sujet de mon precedent post sur l’espace des flux. Il faut changer l’epistemologie du journalisme. Aller sur place n’est plus possible, et n’est pas toujours pertinent et necessaire.

Prenons The Economist de la semaine derniere, et leur reportage sur la crise alimentaire que nous vivons, “The new face of hunger.” L’article commence avec l’histoire de ce fermier en Cote d’Ivoire qui se plaint parce qu’il vend beaucoup moins de riz qu’avant. A-t-on vraiment besoin de parler de lui pour parler de ce qui se passe? C’est-a-dire, est-il vraiment necessaire de payer un reporter pour une citation qui n’apporte rien de nouveau puisque tout le monde sait, sans avoir besoin de verifier sur place, que les prix des cereales ont dramatiquement augmente mettant les paysans partout dans une situation grave.

Pour un sujet tel que celui-ci, il faut reflechir en termes de flux, il faut parler de l’essentiel du probleme, de la question de l’agriculture mondiale. Il faut de l’analyse. Et pour ca il n’est pas utile de se deplacer.

Il est donc possible d’offrir un meilleur journalisme et de faire des economies…

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