Noël approche, et avec les cadeaux se préparent. Certains offriront à leurs enfants des pistolets pour jouer au cow-boys ou aux policiers. Si j’ai un fils un jour, jamais je ne lui laisserai avoir entre les mains un tel “jouet”. Parce que quelque part, ailleurs, sur un continent oublié, des enfants manient des fusils, mais pour de vrai. Il y a des garçons, parfois des filles, qui ont 10-15 ans, l’âge d’aller à l’école, de grandir en paix, qui font la guerre. Johnny Mad Dog nous le rappelle avec violence et choc.
Je ne suis pas sortie indemme de la salle de cinéma ce soir, et en même temps je me sens tellement impuissante. Toute cette violence distillée pendant plus d’une heure et demi ne peut laisser indifférent. Et puis pas question d’évoquer la fiction pour échapper au mal à l’aise, on sait que tout cela est bel et bien réel.
Pendant tout le film, on suit ces gosses armés et affublés de tenues grotesques (robe de mariée, ailes de papillon) et de surnoms tels que Johnny Mad Dog, No Good Advice, Butterfly (le chef, adulte, se faisant appeler “never die”). Ils n’ont plus que ca comme identité, puisqu’ils ont perdus leur famille, leur village, jusqu’à leur nom. On les voit tuer de sang froid, demander à un gamin de tuer son père avant de l’enroler dans leur armée. On les voit violer. Et il y a cette phrase si touchante de la petite fille s’adressant à Johnny, “violer, ce n’est pas ca l’amour.” On supporte tout ca sans vraiment comprendre le but du film, si seulement il y en a un.
Il y a bien cette même petite fille, qui cherche à protéger son petit frère puis son père. Elle marche avec détermination à travers la ville en proie aux combats. Plus tard, elle tient tête à Johnny, elle refuse de se laisser intimider. Elle finira quand même en pleurs par lui donner des coups. Comme si, personne dans cet univers ne pouvait résister à la haine et à la violence, comme si aucun échappatoire n’existait.
En sortant du cinéma, je cherchais un sens à ce film, je me demandais ce qu’avait voulu nous dire le réalisateur à travers ces images chocs qui ont fait régulièrement sursauter les spectacteurs. Et puis j’ai compris qu’il n’y avait pas de message à rechercher. Jean-Stéphane Sauvaire a juste, et c’est déjà beaucoup, voulu nous faire ouvrir les yeux sur ce qui s’est passé au Libéria, sur ce qui se passe aujourd’hui en RDC, pour qu’on ne puisse plus dire “on ne savait pas.”
NB: La Déclaration des Droits de l’Enfant vient de fêter son 19ème anniversaire (20 novembre 1989), combien d’années faudra-t-il encore attendre avant qu’elle s’applique à TOUS les enfants?…
Archivé sous: Non classé