Voyage épique au Machu Picchu

Vendredi 25 juin, nous voilà parties Amanda, Jessie et moi-même à la conquête du Machu Picchu.

Le Machu Picchu

Le Machu Picchu

Je vous épargnerai les commentaires historiques sur le Machu Picchu, Wikipédia fait ca très bien. Pour s’y rendre, il est possible de faire un trek de 2 à 6 jours. Il y a le fameux Inca Trail qu’il faut réserver au moins 4 mois à l’avance, ou le Salkantay Trail qu’on peut réserver quelques jours avant. En général cela coûte 200 à 400$, incompatible avec mon budget.

Le moyen le plus rapide de se rendre à Aguas Calientes, la ville étape pour toute visite du Machu Picchu, est de prendre le train, l’aller-retour coûtant en moyenne 100$ ce qui fait de ce trajet un des plus chers au monde par rapport à la distance parcourue.

Je n’avais aucune envie de claquer mon argent en transport, sachant que la visite en soi du Machu Picchu est déjà relativement chère. On a donc décidé avecJessie et Amanda de prendre le chemin des écoliers, indiqué par le Guide du Routard et un ami de Cusco, qui passe par les villages de Santa Maria et Santa Teresa. C’est plus long (une dizaine d’heures de Cusco à Aguas Calientes) mais aussi beaucoup plus cheap (10€ à peine).

Rien ne s’est déroulé comme prévu, ce fut un voyage fatiguant, mais qui reste au final un bon souvenir.

Départ vendredi 25 à 7h du matin de la maison après 2h de sommeil puisque j’ai travaillé jusqu’à 2h30. On monte dans le bus, sauf que des Français (que j’ai repéré au polaire Quechua, signe distinctif imparable) sont assis à nos places. On se dit que la compagnie de bus a fait une erreur et nous asseyons ailleurs. On se rend compte après coup que notre ticket est valable pour la veille. La compagnie s’est trompée de date, estime que c’est notre faute et nous fait payer 10 soles de plus pour prendre tout de même ce bus. Nous voici parties à 8h45 au lieu de 7h30.

Plus loin, nous nous arrêtons dans une ville pour prendre d’autres passagers, dont nous occupons les sièges… Jessie me racontera plus tard qu’un passager s’est plaint que sa place ait été donnée à une « gringa »…

Vers 13h, on s’arrête et le chauffeur nous informe que l’on va rester dans ce village au milieu de nulle part pour 1h30 – 2h, la raison? Des travaux sur la route… Nous avons beaucoup ri quelques jours plus tard quand le mari d’Amanda en entendant cette histoire a demandé « il n’y avait pas d’itinéraire bis? » … non, il n’y a qu’une route, et il est même difficile d’y circuler dans les deux sens. Et oui, nous sommes au Pérou, pas en France ou aux US.

Sur la route

En marchant le long de la fil de voiture, je tombe nez à nez avec une fille de Sciences Po. Dingue comment le monde est petit! Nous repartons finalement pour arriver vers 16h30 à Santa Maria. De là, nous prenons un « taxi » avec le groupe de Français. Amanda monte à l’avant. Nous sommes 4 sur la banquette arrière et 2 autres dans le coffre. Plus rien ne me surprendra ici je crois! Le trajet dure 2 heures au rythme de Bob Marley et des Red Hot Chili Peppers. Je ne suis pas prête d’oublier ce moment. On rit de l’improbabilité de ce voyage.

Nous arrivons ensuite à Hidroeletrica, un barrage. De là, il faut marcher 2 heures en suivant les rails du train jusqu’à Aguas Calientes. Il fait nuit, nous n’avons que la lumière de mon iPod. On suit les Français, mieux équipés, mais ces ? Biiip ne nous attendent pas. Nous rencontrons un jeune américain, que nous appellerons Texas puisqu’il décide de ne pas s’embarrasser  à retenir nos prénoms et de nous appeler California (Jessie), Minnesota (Amanda) et Frenchie. Deux heures de marche à la lumière de la pleine lune, la fatigue du voyage en bus s’ajoutant au manque de sommeil des nuits précédentes. Je suis crevée et au bord de la crise de nerf quand on arrive finalement à Aguas Calientes vers 21h30. Deux Suédois très sympathiques se sont joints à nous vers la fin.

Après avoir acheté nos billets pour le Machu Picchu et mangé dans un boui-boui, nous dormons pour 4 heures. Je peux sentir les ressorts du lit et envisage un instant de dormir par terre… 4h30 nous voici en ligne pour prendre le bus pour monter au Machu Picchu. Certaines personnes montent à pied, nous n’en avons pas le courage. Le trajet en bus est scandaleusement cher: 20 soles (5€) pour 20 minutes… Mais peu importe, nous sommes parmi les premiers arrivés ce qui nous permet d’obtenir le précieux ticket pour Wayna Picchu, la montagne qui surplombe le site de Machu Picchu et qui n’est accessible qu’à 400 personnes par jour. La montée est pénible, mais la vue au sommet est une sacrée récompense. Nous sommes à 2700m d’altitude (ce qui est toujours plus bas que les 3400m de Cusco) et nous dominons Machu Picchu. Les ruines semblent ridicules vues d’en haut.

Je crains la descente, ayant un peu le vertige. Heureusement, je me retrouve à discuter avec deux étudiants américains très sympas et ne pense ni à l’effort ni à la hauteur.

Jessie et moi au Machu Picchu

Nous retournons à Aguas Calientes dans l’après-midi et crevée par le trajet de la veille décidons de rentrer en train malgré le coût: 48$ mais nous savons qu’à minuit nous serons au chaud dans notre lit… enfin c’est ce que nous croyons.

Notre train doit partir à 19h. Nous arrivons à la station à 18h30 et on nous annonce 1h30 de retard. Je demande naïvement s’il y aura un geste commercial comme ce serait le cas en France, l’hôtesse de Péru Rail me rit presque au nez. A 21h nous sommes toujours à la gare, sans information. Idem à 22h. Je commence à sérieusement m’énerver. Apparemment, il y a eu un accident sur la voie et on ne sait pas quand on pourra partir. 750 personnes attendent dans le froid, on essaie de dormir un peu, allongés par terre. Texas nous a rejoint. On monte finalement dans le train à minuit pour rester coincés jusqu’à 2h au même endroit… Je craque, je suis scandalisée. Je peux comprendre qu’il y a des imprévus, que nous sommes dans un pays en développement… mais je refuse de comprendre quoique ce soit quand j’ai payé 48$ et dormi si peu les nuits précédentes. Après une autre péripétie pour la dernière partie du voyage qui s’est faite en mini-bus nous arrivons à 6h du matin à Cusco, fatigués et énervés. Je dors tout le dimanche et dois aller travailler le soir. Je ne sais même pas comment mon corps continue à fonctionner.

Le lendemain, je me rends à Péru Rail avec Amanda, bien décidée à récupérer mon argent. Mes amies pensent que je rêve alors je trouve ca normal. Sans même qu’il soit nécessaire de crier (dommage j’étais en forme pour ca), la compagnie nous rembourse notre billet de train. Je me retrouve alors à penser que ce retard est plutôt une bonne chose pour mon porte-monnaie. Surtout, on a passé un week-end fou et mémorable qu’on ne regrette pas malgré la fatigue.

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