Run Baby, Run

Boston, Etats-Unis – Les muscles saillants, la sueur coulant sur la peau, et le visage déformé par la douleur, ils étaient plus de 25 000 hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, en fauteuil roulant ou sur leurs deux jambes à courir avec une détermination sans faille les 42 kms du Marathon de Boston, lundi 21 avril. Heureusement, la pluie de l’an dernier avait laissé place à un soleil radieux.

Le 112eme marathon de Boston, le plus vieux marathon annuel au monde, a commencé à Hopkinton, MA, à 9h25 pour les athlètes en fauteuils roulants, à 9h35 pour les femmes, et à 10h pour les hommes.

Le Kenyan Robert Kipkoech Cheruiyot a remporte le marathon pour la quatrième, et troisième fois consécutive, en 2 heures 7 min. et 45 sec. manquant à 31 secondes près le record qu’il avait établi en 2006.

Du coté des dames, Dire Tune, athlète éthiopienne, est arrivée première en 2h. 25 min. et 25 sec. devançant de deux secondes, plus petit temps de différence dans l’histoire du marathon, la Russe Alevtina Biktimirova..

Kipkoech Cheruiyot et Tune ont chacun remporté 150, 000 $US. C’est en 1986 que la Boston Athletic Association décida d’introduire une récompense financière, jusqu’à alors, les vainqueurs se contentaient d’une couronne de lauriers.

Il était impressionnant de voir les participants à fauteuil roulant pousser à la force de leur bras. Chez les hommes, c’est le Sud-Africain, Ernst F. Van Dyk, qui a remporte la première place de son dernier marathon. Il a parcouru les 42 kms de Hopkinton au centre de Boston en 1h 26 min. et 49. sec. Wakako Tsuchida, du Japon, est arrivée 22 minutes plus tard en tête chez les dames.

Mais dans une épreuve telle que le Marathon, il n’y a de toutes façons que des vainqueurs. Il n’y a que des hommes et des femmes qui se surpassent et qui décident de finir la course a tout prix, alors même que les spectateurs sont rentres chez eux et que la Police a retire les barrières. L’adage « l’essentiel est de participer » trouve tout son sens dans ce sport qui demande un entrainement quotidien pendant des mois et une forte motivation. Pour beaucoup, l’objectif n’est pas tant d’être le premier à passer la ligne d’arrivée, que de se prouver à eux-mêmes qu’ils ont réussi.

« C’est un challenge personnel, vous vous dites que vous devez finir même si ca fait très mal. Et alors quand vous passez la ligne d’arrivée vous êtes heureux, » raconte Steven Bedsole, qui a couru pendant plusieurs années le Marathon de Boston, mais aussi en Europe.

Aujourd’hui, Bedsole ne court plus mais participe toujours à cet événement majeur en tant qu’employé de l’entreprise Granite State Race Services, basée dans le New Hampshire, qui est en charge de mesurer le temps de course des participants.

« Les coureurs ont une sorte de puce dans leurs chaussures, et tous les 5 kms il y a une borne qui enregistre leur passage, puis les données sont envoyées aux organisateurs à l’arrivée par un réseau sans fil, » explique-t-il.

Ca fait onze ans que ce système de mesure a été instauré, permettant de calculer avec précision le temps des différents coureurs, et ainsi d’éviter les fraudes. Il est 16h et Bedsole range son matériel, il reçoit un coup de fil des organisateurs : « 22 123 personnes ont dépassé les 35 kms, » dit-il. Sans compter ceux qui sont toujours en train de courir alors que le système a été désactivé.

Habitant une rue parallèle à la Commonwealth Ave., avenue principale de Boston, j’étais aux premières loges pour assister à ce fabuleux moment humain et sportif. Le Marathon de Boston est un véritable jour de fête. Sur le bord de la route, les spectateurs, venus en famille ou entre amis, criaient et brandissaient des pancartes pour encourager les coureurs. Quelques uns d’entre eux se sont déguisés en Minnie, en fée, ou encore en prêtre, costume peu pratique pour courir.

Certaines personnes cherchaient des yeux le cycliste Lance Armstrong qui avait délaissé son vélo pour une course difficile qu’il a fini en 2 heures 50 min. et 58 sec., arrivant 496eme. Malgré son habitude de rouler en montagne, il a confié au Boston Globe que courir les collines d’Heartbreak (cœur brisé) Hill était une autre affaire, et que celles-ci portaient bien leur nom.

Boston, capitale américaine du sport cette saison, accueillait hier, dimanche 20, « les qualifications nationales pour l’épreuve du marathon aux Jeux Olympiques de Pékin » rapporte Bedsole qui était aussi responsable de mesurer le temps de course des compétiteurs.

Rafael, le futur Tiradentes

Le 21 avril est un jour de fête pour les Brésiliens qui rendent hommage à leur héros national, Tiradentes, exécuté le 21 avril 1792.

En 1789, alors que la France s’agite, le Brésil cherche aussi à faire sa révolution. Joaquim José da Silva Xavier, surnommée Tiradentes – l’arracheur de dent- mène l’insurrection contre le colonisateur portugais, connue comme la conjuration Mineira, du nom de l’Etat Minas Gérais.

Il est condamne a mort trois ans plus tard, et sert d’exemple contre toutes velléités de rébellion. Le mouvement est avorté et le Brésil ne connaitra son indépendance, imparfaite, qu’en 1825. La mémoire de Tiradentes fut alors condamnée à l’oubli, mais avec l’avènement de la République en 1889, le personnage devint l’incarnation de l’idéal républicain. En 1965, Tiradentes est officiellement déclaré le Patron civil de la nation brésilienne.

Rafael, Brésilien immigré illégal aux Etats-Unis, a 22 ans, et se voit en digne héritier de Tiradentes. « Il a fait la révolution pour la liberté. Moi aussi, je veux changer mon pays. Je veux améliorer le gouvernement brésilien, je veux écrire à propos de notre éthique et la promouvoir, car je ne veux pas que l’humanité disparaisse au Brésil, » dit-il avec ferveur.

Rafael ne veut pas voir son pays devenir comme les Etats-Unis, dont la société est selon lui matérialiste, individualiste, voire inhumaine.

Il a du quitter le Brésil il y a trois ans pour venir travailler aux Etats-Unis. Comme beaucoup de candidats au rêve américain, il s’est rendu jusqu’au Mexique pour traverser le Rio Grande au péril de sa vie. Il a atterri à Boston, où ses parents et sa tante s’étaient déjà installés.

Rafael travaille 70 heures par semaine dans une entreprise de paysagerie. Sans papiers, il risque a tout moment de se faire arrêter et expulser, comme les 80% de clandestins que compte la communauté Brésilienne – environ 350 000 membres – de Nouvelle-Angleterre selon les estimations du Consulat général du Brésil a Boston.

Mais Rafael est bien loin de l’image qu’on se fait souvent de l’immigré sud-américain aux Etats-Unis. Le soir après le travail, il lit de la philosophie : Marx, Nietzsche, Russel, et beaucoup d’autres encore.

Il admire Rousseau, et le Contrat Social est le premier livre qu’il a lu en anglais quand il a commence à apprendre la langue il y a un an. « Tiradentes avait toujours sur lui le Contrat Social, » raconte-t-il comme pour souligner le lien évident qui existe entre Rousseau, Tiradentes, et lui-même.

Il raconte comment la philosophie l’a sorti de la violence. « Avant je me battais tout le temps pour rien. Maintenant je réfléchis aux conséquences de mes actes, au bien et au mal. Je n’ai plus envie de faire du mal aux gens, » dit-il.

Aujourd’hui, il ne veut plus se battre physiquement, mais « pour l’égalité et la justice. Je veux recréer un contrat social au Brésil. L’ordre dans une société vient de la compréhension mutuelle et de la solidarité entre les citoyens, » dit Rafael.

Il aspire à un futur meilleur pour son pays, car il craint une mauvaise influence des Etats-Unis sur la culture humaniste du Brésil.

Il envisage de rentrer d’ici un an. Il est malade des Etats-Unis. « Au Brésil, je fais partie du système. Ici je me sens comme un poisson hors de l’eau. En tant qu’immigré, tu te sens indésirable aux Etats-Unis, » confie-t-il.

De retour au Brésil, Rafael veut finir ses années de lycée puis aller a l’Université. dit-il. Philosophie, linguistique, et sciences, à la manière des grands penseurs d’autrefois, tels que Thales et Descartes. « Je veux tout étudier et ne jamais m’arrêter, » dit-il.

Ensuite, il aimerait venir quelques temps en France, où vit sa grande sœur, mariée à un Français. Puis, il reviendra au Brésil pour rencontrer son destin et reprendre le flambeau de Tiradentes.

Etre journaliste dans un espace de flux

Traditionnellement, le journaliste, surtout le reporter a l’étranger, voit le monde comme un espace de places, de points. Le journaliste va se rendre sur place pour faire un reportage sur tel sujet. Seulement cette façon de faire ne fonctionne pas toujours, ou du moins, ne rend pas compte de la complexité de certains enjeux, comme nous l’a montre Robert Manoff en cours de Foreign reporting.

Prenons l’exemple de l’immigration. Le journaliste se rend dans telle ville americaine, pour raconter la vie de telle communaute d’immigres. Le travail, la langue, la culture, les problemes de racisme, etc. Voila ce qu’on retrouvera dans son article. Et ce quelle que soit la ville en question, avec peut etre quelques differences mineurs dues aux specificites de la ville je vous l’accorde. Combien d’articles racontent l’eternelle meme histoire qui finalement ne contribue pas beaucoup au debat. J’en ai fait l’experience moi-meme en reportant sur la communaute bresilienne de Boston. Au final, ce que j’avais ecrit aurait pu correspondre, a quelques details pres, a n’importe quelle autre grande ville americaine et/ou communaute immigrante. Pour eviter de tomber dans ce schema, il m’a fallu reecrire mon histoire selon un angle original (je vais la publier bientot).

Regardons de l’autre cote de la frontiere, dans le cas de l’immigration sudamericaine (mais le meme principe fonctionne pour la Mediterranee). Vous avez tous (peut etre moins que les Americains) lu une, voire plusieurs, histoire d’un Mexicain/Salvadorien/Colombien/Bresilien/etc. qui a traverse le Rio Grande au peril de sa vie pour atteindre l’El Dorado, sans parler de sa longue traversee a travers l’Amerique Centrale pour atteindre la frontiere mexicaine (a ce sujet, l’excellent reportage de Sonia Nazario, La Travesia de Enrique – pas encore traduit en francais ?).

Ces histoires sont interessantes, et ces hommes et ces femmes méritent qu’on s’intéresse a eux. Cependant l’immigration est avant tout un flux, des hommes et des femmes qui se deplacent d’un point a un autre pour diverses raisons. Pour un journaliste, il sera plus pertinent de traiter le sujet de l’immigration en terme de flux et non en terme de places. Je crois aux benefices des histoires personnelles pour faire comprendre au lecteur un sujet, seulement il y a ce probleme de sans cesse reecrire la meme histoire qui ne mesure pas suffisamment bien la complexite du phenomene.

Prof. Manoff parle d’une nouvelle epistemologie du journalisme. Celle qui prevaut c’est “go there”, mais pour lui il faut repenser le journalisme. Il faut passer d’un espace de places a un espace de flux, ce qui est plus pertinent au regard de la globalisation qui connecte toutes les places. Aucun enjeu d’ampleur international ne peut etre compris a travers un seul lieu, sinon dans son ensemble. Aujourd’hui, un journaliste peut ecrire depuis son ordinateur sans se deplacer ailleurs qu’a la bibliotheque et en rencontrant/appelant des experts. Qu’on s’entende bien, c’est pour comprendre un flux que se rendre dans differents endroits n’est pas la meilleure methode. Mais pour des tas d’autres sujets, pour couvrir une guerre, une famine ou une catastrophe naturelle, rien ne remplacera le reportage sur place. Il ne faut pas oublier que le journaliste doit voir, doit etre temoin pour etre credible.

Comme flux, citons: les humains, les biens, les idees, le flux electronique d’argent, les maladies, l’information.

Ainsi, pareil que pour l’immigration, la question de la crise financiere ne se comprend pas en terme de places mais en termes de flux. Je pense qu’on peut dire la meme chose du terrorisme. Si vous avez d’autres idees de sujets qui peuvent etre reportes sans que le journaliste se deplace, les commentaires sont faits pour ca (non pas que mon dernier devoir soit de trouver “18 flow stories”…)

Enfin, pour en revenir aux histoires eternellement ecrites, un exemple frappant est celui du rechauffement climatique. Notre professeur se plaignait de lire régulièrement des histoires d’ours polaires (oui mais Knut il est cute quand meme!) a la place d’articles profonds sur le sujet. Je lui faisais alors remarquer que les gens ont besoin d’histoires de ce genre pour s’intéresser a la question. L’exemple conduit au général. S’y perd alors une bonne partie de l’analyse qui serait requise.

Married to another man: Israel’s Dilemma in Palestine

Apres le Congres Sioniste de Bale en 1897, les Rabbins de Vienne envoyerent deux representants en Palestine, la ou les juifs voulaient fonder leur Etat. Dans un telegramme, les deux hommes rapportèrent: “The bride is beautiful, but she is married to another man.” (La mariée est belle, mais elle est mariée a un autre homme)

C’est autre homme etant le peuple arabe de Palestine.

Et c’est bien la le dilemme de l’Etat Israelien, que faire des Palestiniens?

Ghada Karmi est nee en Palestine en 1939 et sa famille s’est exilee en Grande Bretagne apres le Nakba. Elle est docteur, ecrivaine, universitaire, et connue pour sa position en faveur d’un seul Etat en Palestine. En 2007, elle publie “Mariee a un autre homme: le dilemme d’Israel en Palestine.”

Elle y resume l’histoire de la creation de l’Etat d’Israel et les consequences, uniquement negatives, de celles-ci sur les Arabes, de Palestine et des pays voisins. Elle parle des allies d’Israel, les Etats-Unis en tete, du processus de paix, et developpe l’idee d’une solution residant dans un Etat unique.

Ghada Karmi, petite femme brune a l’air severe et assure, donnait une “conference” (15 personnes presentes…) hier a Boston College dans le cadre de la BC Palestine Awareness Series.

Quand on aborde la question israelo-palestinienne et la recherche d’une solution au conflit, on entend souvent dire que le probleme est bien trop complexe. Pour Karmi, la situation est au contraire tres simple a comprendre. Les Juifs ont pris la terre aux Arabes. Le reste n’est que la consequence de cette invasion.

Karmi parle en tant que palestienne qui a ete directement victime de la creation d’Israel. Cette decision, dit-elle, a affecte toute la region.

Il y a deux faces de l’Histoire. La version recurrente sur les Juifs persecutes, l’Holocauste, leur besoin d’avoir une terre, etc. Et la version occultee, celle des consequences pour les Palestiniens. On aime pas entendre cette histoire, les gens n’aiment pas les histoires tristes, les echecs, ils preferent les successful stories. C’est tellement plus simple de se dire que l’Etat Juif est un succes que de reconnaitre qu’il n’aurait, peut etre, jamais du etre cree, ou du moins pas dans ces conditions. Mais soutenir cette version, c’est souvent se voir taxer d’antisemitisme…

Les gens ne realisent pas la gravite des consequences pour les Palestiniens. On parle de 500 villages detruits apres 1948 du fait de la creation d’Israel. 500 ce n’est pas beaucoup semble-t-il, sauf qu’il faut garder en tete que la Palestine etait un pays pleinement agricole et rural, avec que des villages. 500 villages c’est autant dire la Palestine entiere explique Karmi.

Les noms des rues, des villages, ont ete changes et reecrits en hebreux. Dans les supermarches, elle raconte qu’on trouve des produits dits “Juifs”, tels les falafels, alors qu’ils sont d’origine arabe.

Israel aura 60 ans dans un mois. Pour les Palestiniens c’est toujours la nakba. La societe palestinienne etait entiere avant, 1948 l’a completement fragmente, a detruit un peuple entre ceux refugies en Jordanie, au Liban et ailleurs (4,5 millions au total), ceux vivant en tant que citoyens de seconde zone en Israel (un million), et ceux dans les territoires occupes ou a Gaza et en Cisjordanie.

Une consequence notable de la creation de l’Etat d’Israel est la militarisation de la region. En 60 ans, il y a eu six guerres. Israel a de tres bons amis qui lui permettent d’avoir une armee a la pointe, quand les autres pays arabes ont du faire un effort militaire et financier important, alors qu’ils auraient pu se consacrer a leur developpement. “Toute l’energie et l’argent qu’auraient pu utiliser les Palestiniens pour se developper, ont ete utilisees pour combattre Israel,” dit elle avec colere. “Les Arabes n’arreteront jamais de combattre Israel,” ajoute-t-elle un peu plus tard.

S’adressant a des Américains, Karmi se demande pourquoi les Etats-Unis paient autant pour Israel.

Elle le dit clairement, “it should never have happened” (la creation d’Israel en Palestine n’aurait jamais du se produire). Les Palestiniens le pensent tous, et de plus en plus de Juifs en sont conscients aujourd’hui. Si l’idee d’un Etat Juif en Palestine existait depuis des decennies, “c’est ironiquement Hitler qui a permis la creation d’Israel”, dit-elle. C’etait soi-disant “une entreprise morale” au nom des souffrances du peuple juif. On a regle le probleme qu’ils avaient en Europe aux depends des Arabes. L’injustice est probante.

Les Palestiniens ont ete litteralement pilles, sans jamais avoir recu de compensation en retour. “Pas un cent,” insiste-t-elle. Elle rapporte qu’etant un jour a Jerusalem, elle voulu retrouver la maison de sa famille. Elle y alla avec un ami israelien qui se presenta a la proprietaire en hebreux. Celle-ci repondit alors “sorry I don’t understand what you said,” elle ne parlait pas Hebreux et venait donc evidemment d’un autre pays.

Ayant dresse un tableau de la situation, Karmi en vient a la question de la resolution du conflit.

Il existe 3 solutions:

- le statu-quo, on laisse les choses comme elles sont, et le conflit va empirer

- “two-states solution”

- “one-state solution”

La premiere, dit-elle, est la plus probable. La colonisation se poursuit, et en reponse la resistance palestinienne ne baisse pas les armes.

La solution de 2 Etats est selon elle impossible a realiser. C’etait une idee des Palestiniens alors que les Israeliens ne proposaient rien pour sortir de la guerre. Il y a un consensus internationale sur ce point. Pourtant, a bien regarder la carte de la region, on voit que c’est impossible. Il y a trop de colonies disséminées partout, Israel garderait son territoire actuel (soit environ 80%) et la Palestine n’aurait que 20%, Jerusalem serait la capitale des 2 Etats. Si les refugies decident de revenir en Palestine, un probleme demographique de poids se posera a lors. Sur la question du droit au retour des refugies en Israel, elle souligne que beaucoup repondent “de toutes facons, ils voudront pas revenir,” mais ceci n’est pas un argument. Peu importe leur decision, l’essentiel c’est de leur laisser le choix. Elle souhaite avoir la possibilite de revenir mourir sur sa terre natale.

Pour elle, la seule solution valable est donc un seul Etat non juif, non palestinien, sans partition, ou les deux peuples vivraient unis tous ensemble. Je l’interpelle alors, lui demandant si elle ne trouve pas cette idee un peu trop idealiste, naive. Comment imaginer ces deux peuples vivre ensemble avec toute la rancoeur qui se ressentira forcement, les souvenirs, l’histoire, les differences et les inegalites a la maniere d’un Etat d’apartheid. Quelqu’un rappelle alors, que dans l’Histoire, Juifs et Arabes (il y a des Juifs arabes je sais) ont vecu ensemble. Il y a un heritage commun et le conflit n’est pas religieux sinon territorial. Karmi ajoute que de toutes facons, il n’y a deja qu’un seul Etat, inegalitaire. Et surtout, elle dit que “bien sur ce n’est pas une solution facile a mettre en place, mais cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas y travailler.”

Pour parvenir a cette solution, il faudra aborder la question de la justice, les Israeliens ont des comptes a rendre. Karmi imagine la creation d’une commission “Justice et reconciliation” comme en Afrique du Sud.

Le Pere Raymond Helmick, S.J, (portrait a venir bientot) qui s’est beaucoup consacre au processus de paix et a notamment correspondu avec Yasser Ararfat, est partisan de la solution “2 Etats” et se montre sceptique. Il fait part d’une idee interessante. Celle de la creation de deux Etats, aux frontieres ouvertes, un peu comme entre les differents Etats americains, avec la possibilite de choisir sa nationalite, et pour en arriver, peut etre, petit a petit, a l’idee d’un seul Etat.

Mon principal probleme avec la solution “2 Etats” c’est la situation economique, deja desastreuse, du futur Etat palestinien. Mais dans le cadre d’un seul Etat, qu’adviendrait-il des Palestiniens par rapport aux Israeliens, n’y aurait-il pas du racisme, ne seraient-ils pas des citoyens de seconde classe comme le furent (le sont) les Noirs aux Etats-Unis? D’un point de vue pragmatique, que deviendrait l’ideologie sionique? Comment serait gouverne le pays entre Juifs et Musulmans (quand on sait l’influence de l’Islam sur la politique dans la region). Karmi reconnait que l’ideologie israelienne est actuellement un obstacle a l’idee d’un seul Etat.

Le debat est ouvert, et la solution d’un seul Etat merite qu’on s’y interesse. Une solution existe. Mais le probleme ne pourra pas etre resolu tant que la verite, les Juifs ont pris la terre aux Palestiniens, ne sera pas reconnue par Israel.

A venir: un article sur une autre conference faisant partie de la serie organisee a Boston College, il s’agit cette fois-ci, de deux femmes, une realisatrice Palestinienne “de 48″ vivant en Israel et une photojounaliste Israelienne, qui parlent avec force et colere de la vie des Palestiniens.

Josephine Baker, une artiste, une mere, une resistante (I)

Derriere le fameux “J’ai deux amours, mon pays et Paris”, se cache une femme exceptionnelle bien loin du cliche de la sauvage avec sa ceinture de banane. Si on la connait en tant que danseuse et chanteuse, on ne sait pas forcement que cette Americaine de naissance a ete une icone du mouvement pour les droits civils et contre le racisme a travers le monde, et qu’elle a servi la resistance francaise pendant la Seconde Guerre Mondiale ce qui lui a valu d’etre decoree par le General de Gaulle, qu’elle admirait plus que tout, de la Legion d’Honneur, la Croix de Guerre et la Rosette de la Resistance.

Recit d’une vie de strass, d’amour et de conviction.

Freda Josephine MacDonald est née dans la pauvrete en 1906 a Saint-Louis dans le Missouri ou elle assistera a d’importantes emeutes raciales en 1917. Elle quitte jeune sa famille et commence une vie de saltimbanque a travers le pays. Sa fraicheur et son energie seduisent. Elle joue a Boston, a NewYork (Broadway) et se voit proposer en 1925 de participer a la Revue Negre a Paris. A 19 ans, elle arrive donc dans ce pays inconnu qui deviendra sa patrie.

Josephine Baker (nom de son second mari – 1921, qu’elle gardera apres) devient l’icone du Black Paris, le Paris du jazz et des Afro-Americains qui cherchent en France la liberte et l’egalite (raciale) que les Etats-Unis leur refusent. Elle devient rapidement celebre, enchaine les shows, fait des tournees a travers le monde. Une legende est nee.

En 1937, elle obtient la nationalité francaise d’un bref mariage avec Jean Lion. Puis vient la guerre. Alors que l’Allemagne occupe la France, Baker s’engage dans la resistance en tant qu’agent de renseignement Sous-Lieutenant Baker. Elle profite de sa célébrité pour glaner des infos ici et la, personne ne se mefie d’elle. Sa rencontre avec le General de Gaulle la marquera profondement. Elle va tomber gravement malade mais se releve toujours plus forte que jamais. Une femme vraiment incroyable qui epate tous les medecins et ses proches.

La guerre prend fin, Baker faite la liberation a Paris et reprend le chemin de la scene. Mais un autre combat l’attend, celui contre le racisme et l’ignorance…

Suite au prochain episode.

Dangerous Ground Project

Dangerous Ground Project est une campagne de sensibilisation contre les mines antipersonnelles. Telerama en parle sur son site.

Pour resumer, il s’agit d’un film réalisé a l’aide de l’athlete anglais Lewis Byrne, pro du “parkour”, l’art de se déplacer dans la ville sans jamais poser un pied au sol (vous vous rappelez des Yamakasi? bah c’est ca!). Sauf que le sol urbain n’est pas parseme de mines et qu’il ne risque rien a marcher normalement… quand ailleurs on aimerait pouvoir pratiquer le “parkour” pour eviter d’exploser.

Un film artistique et engage, a voir sur Dangerous Ground !

Revoltes, moines, et Internet

Les évènements actuels au Tibet, même s’ils n’ont pas les mêmes facteurs ni les mêmes enjeux, me rappellent ceux en Birmanie a l’automne dernier.

Premièrement, il y a la colère d’une population qui souffre, qui est opprimée sans cesse, et qui sur le plan économique est loin d’être favorisée (augmentation des prix de l’énergie en Birmanie, difficultés des Tibétains par rapport au Han et Hui du Tibet).

Deuxièmement, il y a la dimension religieuse de ces deux révoltes. Pour rappel, les protestations en Birmanie étaient le fait des civils, mais c’est ensuite l’engagement des moines dans ce mouvement, qu’ils ont alors mené, qui a donné tant d’impact a celui-ci. C’est la participation des moines Birmans, lesquels ont ete attaques, qui a rendu ces évènements si importants. Les autorités craignaient plus les moines que le reste de la population, car elles savent le pouvoir symbolique (et réel avec le principe des offrandes) qu’ils ont.

Dans le cas du Tibet, ce n’est pas pour rien que Pékin accuse la “clique” du Dalai Lama d’être a l’origine du mouvement de protestation, même si celui-ci dément avec fermeté et a toujours condamner l’usage de la violence (voir article précédent). Les Bouddhistes sont le coeur de la société tibétaine.

Le dernier point de comparaison qui m’intéresse particulièrement est la couverture médiatique de ces deux évènements. J’ai réalisé le mois dernier une analyse critique de celle des protestations birmanes. Elles ont représenté un véritable défi pour les journalistes et l’information de manière générale. En effet, rapidement, les reporters étrangers ont été interdits de territoire, et les journalistes locaux ou correspondants de titres étrangers se sont vus censures et menaces quand ils n’étaient pas a la botte de la junte militaire. C’est Internet et le téléphone qui ont permis de prendre connaissance de la situation, de transmettre vidéos et photos, en somme de dire au monde ce qui se passait dans ce pays qui se voulait coupe du monde.

Internet est pour beaucoup un outil formidable de socialisation, d’information, de divertissement, etc. Mais pour les peuples opprimes, Internet représente la liberté, la voie/x pour se faire entendre. Grâce a lui, il y a peu d’évènements qui nous restent inconnus aujourd’hui. Plus aucun pays ne peut réprimer dans le sang les mouvements de protestation de sa population sans qu’aussitôt le monde entier soit au courant, même si cela ne signifie pas forcement une amélioration de la situation et un engagement international suffisant.

Cependant deux problèmes se posent:

D’abord, le plus important pour un journaliste est de vérifier, re-vérifier, re-re-vérifier les faits (en théorie, car ce n’est pas malheureusement toujours le cas dans la pratique… suivez mon regard!). Si le journaliste ne peut plus faire cette partie-la de son travail (ne lui restant plus que le travail d’analyse des faits), s’il ne peut pas se rendre sur le terrain pour constater par lui-même ce qu’il se passe, alors la qualité de l’information est en danger. La vérité laisse alors place aux rumeurs. Il vaut mieux parfois ne rien dire, que de dire quelque chose qui n’a pas été vérifiée au risque de se tromper et de rendre la situation encore plus délicate.

Dans mon analyse, je montre la précaution employée par les journalistes, utilisant sans cesse les expressions d’incertitude: “des témoins ont rapportes”, “il y aurait eu”, “selon des informations non vérifiées”, etc.

Ensuite, il faut garder que malgre son pouvoir, Internet n’est pas incontrôlable. La junte militaire a réagi, étrangement assez tardivement, en fermant tout accès a Internet, coupant totalement le pays du reste du monde. Des lors, impossible de savoir ce qui se passait vraiment. Quand un journaliste n’a plus du tout accès a l’information, alors c’est le monde entier qui est dans le noir.

Enfin, mon analyse s’intéressait également au développement du so-called “journalisme citoyen.” Les blogs ont participe activement a la couverture médiatique des évènements, devançant parfois les médias traditionnels.

Pour en venir au Tibet, le même phénomène se produit (sauf qu’a ma connaissance Internet fonctionne toujours la-bas, même si on sait comment celui-ci est fortement contrôle en Chine). Les journalistes n’ont aucun accès possible au territoire, et on ne peut même plus compter sur les touristes comme au début des évènements puisqu’ils se sont fait gentiment renvoyés chez eux. Ils ne restent plus que les témoignages de militants tibétains sur place ou ceux a l’étranger qui correspondent avec leurs proches.

Ce qui ressort de cette situation, c’est l’impossibilité actuelle de savoir ce qu’il se passe vraiment, combien de morts il y a eu (certains parlent d’une centaine de morts quand les chiffres officiels n’en annoncent qu’une dizaine), et donc de prendre les mesures qui s;imposent. Alors que ce pays, puissance économique incontestable aujourd’hui, va accueillir les J.O., il reste fermé politiquement et médiatiquement.

Le Daila-Lama, defenseur de la non-violence.

Alors que la violence a envahit les rues de Lhassa il y a presque deux semaines, le Dalai Lama appelle les Tibetains a la non-violence pour resoudre le conflit pacifiquement. Voici deux articles interessants pour eclairer ce sujet.

Le premier article, My Vision of a Compassionate Future, a ete ecrit par le Daila Lama suite aux evenements en Birmanie, et publie dans le Washington Post du 21 octobre 2007. Le chef spirituel du Tibet y fait l’eloge de la non-violence en evoquant Gandhi et Martin Luther King. Il rappelle que la violence et l’usage de la force ne pourront jamais “reprimer le desir humain de liberte.” Selon lui, le concept de non-violence n’est encore qu’a l’etat d’experience (expérimentation), mais si celle-ci réussit, alors cette methode peut ouvrir la voie a un monde bien plus pacifique. Il parle ensuite du role de la religion, et de l’importance de ne pas considerer sa religion comme unique verite pour eviter de tomber dans le fondamentalisme. “Beaucoup de religions, beaucoup de verites.”

“Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons faire de la reconnaissance fondamentale  de l’unite basique de l’humanite, la fondation de notre perspective du monde et de ses defis,” ecrit-il. Ses defis sont le rechauffement climatique, le fosse de plus en plus profond entre les riches et les pauvres, la menace terroriste internationale, et les conflits regionaux.

Il appelle alors a eduquer d’une meilleure facon nos enfants, a les aimer et a leur apprendre l’amour. Il defend egalement un role plus important des femmes dans nos societes, car elles sont porteuses d’amour et de compassion.

Malgre l’etat du monde, le Dalai Lama dit etre optimiste quant a l’avenir. Si le XXeme siecle fut un siecle de massacres, il croit que le XXI eme peut devenir un siecle  de dialogue et de compassion. Cependant les beaux discours ne suffiront pas, il faut des actions concretes. Les changements collectives viendront d’initiatives individuelles conclut-il.

Le second article,  He May Be a God, but He’s No Politician, est un op-ed de Patrick French publie dans le NYT du 22 mars. Il reproche ici au Dalai Lama de n’avoir rien fait de concret depuis qu’il s’est retire en Inde il y a bientot 50 ans. Il reproche egalement le comportement de certains pays, ici les Etats-Unis, qui rencontrent le Dalai Lama et critiquent la Chine par rapport au Tibet pour se donner bonne figure, sans realiser qu’au lieu d’ameliorer la situation pour les Tibetains, cela ne fait que l’empirer. En effet, selon lui, a chaque apparition du Dalai Lama ou critique contre le regime, Pekin repond par plus de violence. 

Il reclame donc un changement de strategie, car si le Dalai Lama est peut etre Dieu, il n’est pas un politicien. Il faut plutot tenter de negocier de maniere realistique avec la Chine, car celle-ci n’etant pas une democratie, ce ne sont pas des revoltes, aussitot reprimees dans le sang, qui la feront changer d’avis. “China is not a democracy, and it will not budge.”

Peut etre serait-il bon que les pays les plus influents se concertent enfin pour sanctionner la Chine. Car si celle-ci est devenue une economie de premier plan, elle a encore besoin des Etats-Unis, de l’UE, et du Japon. Les Jeux Olympiques sont l’occasion revee pour mettre en lumiere le regime dictatoriale de Pekin. Le boycott? La question est delicate, et il est peu probable que les Etats europeens, comme l’evoquait Kouchner, s’accorde sur un boycott general, sans parler de la position des joueurs.

Monde musulman et dictature de la raison – Le Monde 09/02/08

C’est en historien que Pierre-Jean Luizard, chercheur au CNRS au groupe de sociologie des religions et grand spécialiste de l’Irak, s’attaque à la question passionnante et sans doute singulièrement française de la compatibilité entre l’islam et la laïcité. Au siècle dernier, sur les pas de la Turquie de Mustafa Kemal, l’Iran, la Tunisie et l’Irak se sont en effet efforcés d’importer un modèle social et politique venu de l’extérieur. En Turquie, cette introduction relève alors du défi : il s’agit de toute urgence de copier chez le vainqueur ce qui semble constituer sa force pour sauvegarder ce qui peut l’être de son indépendance. L’outil laïc doit permettre de bâtir en toute hâte un Etat-nation pour éviter le dépeçage total et définitif de l’empire ottoman.Cette laïcité d’Etat, laïcité appliquée ” par le haut à des sociétés peu sécularisées “, présente immédiatement un caractère autoritaire qui sera reproduit en Iran et dans les pays arabes. Ce discours ne se remettra pas d’avoir été à la fois importé puis imposé. Car la laïcité prend les traits d’une mise au pas des populations auxquelles elle s’adresse : concassage des particularismes religieux ou ethnique (Kurdes) en Turquie, émancipation ” imposée des femmes “ en Iran dans les années trente, répression féroce des Frères musulmans par le régime égyptien, offensive frontale avec l’islam ” traditionnel “ en Tunisie, tyrannie en Irak…

Cet autoritarisme, assimilé à la modernité en Occident, va de pair avec un système politique hermétiquement clos de parti unique, et un réformisme militaire à la prussienne, qui considère l’armée comme un vecteur indiscutable de progrès, alors qu’elle engendre invariablement abus de pouvoir, jusqu’au coup d’Etat, et corruption.

Ces laïcités autoritaires se définissent également par la tentative avortée de circonscrire l’influence de l’islam dans un cadre bien défini. Différence fondamentale avec la laïcité à la française, à partir de sociétés aux parcours historiques il est vrai bien différents, ” aucun processus de laïcisation n’a jamais débouché sur une laïcité de séparation de l’Eglise et de l’Etat “. Mais, en dépit des efforts déployés pour enserrer la religion dans un système contrôlé par en haut, cette cohabitation va souvent tourner au cauchemar pour ces régimes, comme le détaille avec minutie Pierre-Jean Luizard. Parce que la religion va devenir à la fois un refuge et une contestation silencieuse, souvent la seule possible. Et parce que la réislamisation va devenir le fait d’Etats en délicatesse avec leurs sociétés, réduits à utiliser l’islam comme béquille identitaire pour potentats affaiblis.

C’est vrai en Egypte, où le régime de Hosni Moubarak troque la réislamisation sociale contre le verrouillage du pouvoir (et de sa rente), comme chez les frères ennemis baasistes syriens et irakiens. Au cours de mémorisation du Coran à Damas répond le drapeau frappé du ” Allah est le plus grand “ à Bagdad.

Au final, ces expérimentations se sont donc avérées contre-productives, à l’exception notable de la Turquie. Cette spécificité turque ne va pas cependant sans vengeance de l’histoire, puisque le gouvernement contrôlé par l’AKP ” post-islamiste “, modèle revendiqué des Frères musulmans syriens en exil, y justifie aujourd’hui très précisément au nom de la laïcité la fin de l’interdiction du port du voile islamique à l’université.

Pour Pierre-Jean Luizard, qui abat le masque dès l’introduction de son ouvrage en estimant que la laïcité constitue un préalable au pluralisme politique, le bilan est donc décevant. Sur les décombres de l’autoritarisme laïc, un réformisme islamique a sans doute une carte à jouer.

Gilles Paris

Laïcités autoritaires en terres d’islam de Pierre-Jean Luizard, Fayard, 284 p., 19e.

Que disent les candidats du port des armes apres la fusillade dans l’Illinois?

Jeudi dernier, une enieme fusillade a éclaté sur un campus americain, a Northern Illinois University. C’est la cinquieme fois en une semaine que ce genre d’evenements se produit dans des etablissements scolaires, conduisant au total a la mort de 11 personnes (6 pour la fusillade du 14). Deja le 8 fevrier, sans que les medias n’en parlent beaucoup, une femme avait tue deux personnes avant de se donner la mort a l’Institut technique de Baton Rouge en Louisiane.

Il y a eu Columbine, il y a eu Virginia Tech, et pourtant rien a change aux Etats Unis. Lors d’une mini conference de presse avec le Chef de la Police de Boston College, Robert A. Morse, j’avais pose aborde la question des fusillades sur les campus universitaires américains, a savoir comment la Police de BC se prepare a ce genre d’evenements. La reponse fut “eliminer la source de l’incident et proteger les etudiants et le personnel autant que possible.” Il est difficile de faire plus. Les campus americains sont extremement securises avec des bornes d’urgence un peu partout en cas d’agression, et la plupart des universites disposent de leur propre Police Department.

Le problème est ailleurs. C’est celui de la possibilité pour n’importe quel citoyen américain de porter librement une arme. Les fusillades ont beau se multiplier, le libre port des armes n’est pas remis en cause.

Quid de cette question dans la campgne electorale?

On aurait pu croire que la recente fusillade cree le debat au sein de la campagne des primaires. Et pourtant non. Il semblerait que ce ne soit pas un sujet important. Ce qui n’empeche pas de s’interroger sur la position des differents candidats sur la question.

Obama, qui a notamment reagi en tant que Senateur de l’Illinois, a bien entendu fait part de son emotion et de son soutien, blabla. Pour autant, il ne remet pas en cause, loin de la, la vente libre des armes aux Etats-Unis:

“Je pense qu’il y a un droit individuel a porter une arme, mais ceci est sujet a une regulation sensee/ de bon sens (commonsense regulation).”

Dans le meme temps, il dit qu’il faut combattre avec fermeté cette violence :

“Today we offer them our thoughts and prayers, but we also have to offer them our determination to do whatever it takes to eradicate this violence from our streets, from our schools, from our neighborhoods and our cities,” Obama said. “That is our duty as Americans.”

(… nous offrons notre determination a faire tout ce qu’il faudra pour eradiquer cette violence… c’est notre devoir d’Americains.)

Faire tout ce qu’il faut donc, sauf contrôler la vente des armes. Il faudrait demander aux parents et proches des jeunes assassines ce qu’ils en pensent…

A plusieurs reprises dans sa campagne, Obama a assure qu’il n’enleverait pas aux Americains leurs “guns”.

Meme position du cote de Clinton: maintien du droit a porter une arme et bon sens… Sauf que le bon sens ca veut pas dire grand chose, surtout quand il s’agit de personne psychologiquement instables.

Du cote Republicain, McCain en 2007 suite au massacre de Virginia Tech s’etait fermement oppose au controle des armes et avait dit qu’il soutenait avec force le Second amendement.

Quant a Huckabee (oui, il est toujours candidat, malgre tout…), il a aussi rappelé a maints reprises son soutien au libre port des armes.

En conclusion, que les futurs auteurs de massacre, sur des campus ou ailleurs, se rassurent, ce n’est pas le prochain Président des Etats-Unis qui les empêchera de se procurer des armes en toute liberté.

Pour plus d’informations, il existe un site américain sur la position de chacun des candidats sur le Second Amendement (je viens de le découvrir en cherchant pour Huckabee).